Apres un voyage long mais confortable, une arrivée a l’aéroport de Roissy sans trop de grève ni trop de retard, après la visite du Père Noel (oui ! le vrai !) dans la famille de Stan nous sommes enfin réunis à Brest ou nous prenons nos marques tranquillement.
Chercher un appart et une voiture c’est en apparence plus facile de ce coté de l’Atlantique mais nous nous heurtons à des us et coutumes étranges :
-l’agence de location ne vérifie pas notre « credit history » mais veut qu’un garant (merci beau-papa) signe notre bail devant témoin
-les appartements ne se louent pas « newly renovated » et la moindre petite tache sur les murs doit être notée dans l’état des lieux réalisé par un agent assermenté (vous vous rappeler que ca vous avait fait bizarre de faire votre état des lieux tout seul a votre arrivée en Louisiane… ?)
-on ne trouve étrangement aucun canapé dans les poubelles de notre quartier et il va falloir se résoudre à attendre l’ouverture d’IKEA en mars.

-la zone commerciale ou se situent TOUS les concessionnaires est accessible en 5 minutes de bus mais on a du mal à la repérer : il n’y a pas de petits fanions qui volent au vent ni de tigre gonflable a l’entrée des garages.
-les garagistes vous garantissent 2 ans votre nouvelle voiture (d’occas) et ne tentent a priori pas de vous revendre un « lemon » mais entre midi et deux heures, bizarrement, ils s’arrêtent de vendre des voitures pour manger un bout en vous laissant comme deux ronds de flan sous la pluie devant la porte close.
-la Toyota Corolla a subi un « extreme makeover » en traversant l’Atlantique et tous nos repères sont perturbés.


Bref, vous vous en doutez, nous sommes sortis vainqueurs de la chasse a l’appart, avec l’aide de nos amis brestois qui avaient bien rabattu la proie avant notre arrivée. Nous emménageons dans 3 jours dans notre nouvelle « sweet home ». Par contre, la saison de la chasse à la voiture ne ferme pas encore, car après 18 mois dans un « tank » américain, nous avons pris gout à l’espace et hésitons encore quant au modèle qui aura notre préférence.
Allez, encore bonne année a tous et a bientôt je l’espère.

Notre appartement de Bâton Rouge a retrouve son agencement d’origine, d’un minimalisme absolu…
Depuis le départ de Stan, je surfe sur le net assise sur un gros coussin et dors sur notre clic-clac, le seul meuble qui nous reste. Grace a la craigslist désormais fameuse, nous avons réussi à vendre a peu près tout nos meubles. Moitie prix pour la plupart…
Je ne vous avais jamais montre a quoi ressemblait notre « sweet home », enfin si, mais a ses débuts avec juste notre frigo « vache » et mon gros fauteuil favori…Voici donc ou nous avons vécu pendant 18 mois, l’équivalent d’un T3 comme on en trouve ici dans les « complexes » d’appartements. Notre loyer de 760 dollars était très raisonnable pour la ville et surtout l’emplacement idéal, près du campus et des lacs.


Comme partout, l’isolation n’est pas idéale, la température monte très haut en été et descend aussi beaucoup en hiver mais nous nous en sommes plutôt bien tirés avec nos factures d’électricité. Nous étions au dernier étage, donc assez tranquilles ; on avait un immense parking et une laverie au bout du couloir (75 cts la machine). Nous avons couru partout dans Bâton Rouge pour trouver des meubles qui nous plaisaient… pas facile il y a beaucoup de choses très kitch par ici et Ikea est a 5 heures de route tout de même…Nous avons finalement réussi à dénicher quelques boutiques sympas, notre carnet d’adresse est a votre disposition sur simple demande ! La course à l’appart a déjà recommencé de l’autre cote de l’Atlantique, a Brest, ou Stan nous cherche un nouveau nid…Celui la nous le meublerons sans peine puisqu’en mars, l’enseigne suédoise fameuse citée plus haut ouvrira ses portes dans la cite du Ponant !



Voila…C’est fini… Pour Stanislas en premier, dès demain, et pour moi dans 10 jours.
Depuis notre retour de San Francisco, nous avons vendu la plupart de nos meubles, vendu aussi notre voiture…Stan a dit au-revoir a ses collègues a qui il va beaucoup manquer… a couru une dernière fois autour du lac…a cuisiné du gator dans notre appartement…a emballé nos affaires en usant de son sens légendaire de l’organisation….tout en bossant 12 heures par jour pour finir son travail à la fac.
Pour préparer nos futures veillées bretonnes nous sommes allés faire le plein de souvenirs louisianais. Souvenirs gustatifs surtout, souvenirs décoratifs mais souvenirs vestimentaires aussi…
Nous avons succombé à l’appel de la « Croc » et c’est avec fierté que nous porterons désormais au pied LA chaussure de l’année, aux couleurs de la LSU bien évidemment. Enfin surtout pour Stan, les miennes étant plus pales car c’est bien connu, je ne suis pas une « vraie »Tiger !
N’hésitez pas à nous envoyer un petit message d’au revoir, et gardez l’œil ouvert car ce blog ne rend pas encore l’antenne.
Contre toute attente, ce qui va me manquer le plus après notre retour en France c’est l’esprit « d’équipe » qui règne à Bâton Rouge et plus particulièrement a la LSU. Bien que je ne sois pas une vraie « Tiger » comme me le fait remarquer Stan (je n’étudie ni ne travaille a la fac), je me suis laissée happée par la folie qui entoure l’équipe de football et par tous ces rituels et coutumes propres aux universités américaines.
La LSU a ses symboles et parmi eux un de mes favoris reste le TigerBand. Une sorte d’orchestre de fanfare composé de cuivre et de percussions accompagnés des « color guards » ou « porteuses des couleurs » et de danseuses, les « dancing girls » ou si vous préférez « les chouchoutes de Stan ». Les voici d’ailleurs en pleine action…
Tous sont étudiants et gagnent des crédits (équivalents de nos UV) en étant membre du Band. La sélection est rude et les soirées chargées : répétitions 5 fois par semaine, week-end occupés à suivre l’équipe de foot, représentations diverses…
Fin Novembre ils ont donne un grand concert pour récolter des fonds afin de s’offrir un nouveau bâtiment. Nous connaissons déjà tout par cœur mais nous voulions avoir la chance de garder une trace de ces musiques qui soudent les gens par ici…Les quelques notes entendues sur la vidéo suivante sont sans doute les plus célèbres ici et évoquent les victoires de l’équipe de Tigers aux habitants de Bâton Rouge des leur plus jeune âge.
Hey! Fightin' Tigers! Fight all the way!
Hey! Fightin' Tigers! Win the game today!
You've got the know-how, You're doin' fine
Hang on the the ball as you hit the wall
And smash right through the line.
You've got to go-o-o-o! for a touchdown
Ru-u-un! up the score!
Make Mike the Tiger stand right up and roar. ROAR! !! !!
Give it all of your might as you fight tonight,
And keep the goal in view, Victory for LSU!!!
Et pour finir l’hymne officiel de l’Université ou Alma Mater, joue par l’orchestre a cordes de la fac.
Where stately oaks and broad magnolias
shade inspiring halls,
There stands our dear Old Alma Mater
who to us recalls
Fond memories that waken in our hearts
a tender glow,
And make us happy for the love
that we have learned to know.
All hail to thee our Alma Mater,
molder of mankind,
May greater glory, love unending
be forever thine.
Our worth in life will be thy worth
we pray to keep it true,
And may thy spirit live in us, forever…L-S-U.
Comme vous le savez nous rentrons en France bientôt et je m’apprête à retrouver les chères tètes blondes bretonnes... (enfin pas tout de suite mais c’est un peu compliqué à expliquer ici…)
En un an et demi d’école à l’américaine je suis devenue ce qu’on appelle une « control freak » et je me demande à la fois avec inquiétude et excitation comment je vais transférer ce que j’applique ici en matière de discipline.
Voici le tableau : 23 kindergarten adorables (sauf au bout de 14 semaines d’école, mais je pense que n’importe quel ange vous arracherait des envies de meurtres après une si longue période sans break…) qui ne disent pas un mot quand ils travaillent à leur table, qui chuchotent durant les ateliers et marchent en ligne sans ouvrir la bouche (les bons jours). J’ai commencé comme tout le monde par être choquée par cette obligation de silence permanent, je me suis demandée si ce serrage de vis général n’aurait pas pour conséquence des pétages de plombs à chaque moment de liberté (genre : la récré en primaire, le Spring break à la fac et les vacances aux Antilles à l’âge adulte…)…et puis je m’y suis habituée.
De toute façon j’ai toujours détesté le bruit et les moments de flottement dans ma classe, il faut que je garde le contrôle sinon je « freak out » comme on dit ici.
Dans ma classe j’ai un classique système de feu rouge/feu vert avec une pince a linge pour chaque enfant que je fais descendre peu a peu vers le rouge en cas d’enfreintes au règlement de la classe (mal assis, bavardage, course dans les couloirs…).
Une fois sur la couleur rouge, l’élève (on va l’appeler K au hasard…) aura droit a une croix (ou un X ) sur sa charte de conduite hebdomadaire. Là réside en partie l’efficacité du système. Cette feuille de conduite repartira à la maison tous les vendredis et devra revenir signée. Le nombre de X indiqué correspond au grade hebdomadaire de K qui peut aller du A (excellent) au F (oh la la K ! Attention a tes fesses…). Ce grade comptera dans la moyenne générale de K qui comme vous le savez déjà (lire article sur les magnet school) ne peut pas descendre en dessous d’un certain seuil… (rassurez-vous, aucun Kindergarten ne s’est encore fait virer a cause de son comportement…) Bref, quand K rentrera a la maison avec un C ou un D sur sa feuille de conduite, sa maman paniquée m’appellera, prendra rendez vous et essayera de tout faire pour que le comportement de K s’améliore (en gros elle récompensera ses bons grades …mais cette politique de la carotte fera l’objet d’un autre article..). La menace ultime pour obtenir le calme est donc dans ma classe le fameux "tu veux un X?" qui a beaucoup impressionné mes parents a moi lors de leur visite dans ma classe!
J’ai la chance d’avoir des parents réactifs, qui acceptent de jouer le jeu de cette feuille de conduite (pas évident je suis sure a mettre en place en France…) et peu d’élèves comme K dans ma classe…
Les outils que nous sommes tous obligés d’utiliser pour gérer la discipline dans la classe sont somme toute classiques.Nous sommes aides par le fait que d'avoir une "politique" d’école, des règles communes a tous les niveaux, des familles impliquées et une principale (dont le bureau est la destination finale en cas d’enfreinte au règlement) bien identifiée par les enfants comme étant « la chef ». Nous avons aussi bien sur un tas d’outils pour valoriser les bons comportements des élèves, je vous en reparlerais plus longuement a notre retour de vacances.
Notre luxe est d’avoir en plus un collègue dont le rôle est exclusivement celui de « surveillant des collés ». Quand un élève dépasse les bornes de façon grave (insulte, coups, refus de travailler répétitif…) nous l’envoyons en TOR (Time Out of Room) avec des exercices à faire sous surveillance de ce grand gaillard qui ne ferait pas de mal a une mouche mais que les enfants craignent presqu’autant que la principale. Vous vous doutez qu’avec ma classe d’anges pas un n’a expérimenté le bureau de TOR…quoique…il y en a bien un (devinez qui...) qui a jeté une brique sur une voiture dans un moment d’égarement (tiens… la récré, bizarre…).

PS : je dédie cet article a tous ceux qui ont eu des K. dans leur classe ici ou ailleurs…y’a des prénoms comme ca qu’on n’oublie pas…
PS2 : désolée, vous devrez attendre un peu pour des photos en situation, car la je suis en………vacaaaances !!!
Je parie qu’aucun d’entre vous n’a jamais été réclamer des bonbons aux voisins lors de sa tendre enfance le soir d’Halloween (bon la je parle pour les gens de MON âge qui, je le précise, contient encore 2 dizaines pour quelques heures …)…
Je suppose que vous avez quand même éclusé quelques verres déguisés en sorcière ou en squelette lors de vos études universitaires…quand les pros du marketing ont essayé de récupérer le concept de cette fête purement anglo-saxonne pour amasser quelques euros…(euh non, a l’époque c’était encore le franc…).
La sauce n’a finalement pas pris chez nous et la fête d’Halloween est vite tombée aux oubliettes…je n’en ai même jamais parle a mes élèves en France.
Mais alors ici, quel spectacle !
La fête du 31 octobre est une véritable institution. Les familles dépensent des milliers de dollars tous les ans en décorations effrayantes pour leur jardin, en costumes pour leurs marmots et en bonbons à distribuer au son des « trick or treats ? »
Tous les âges sont concernes par l’esprit d’Halloween…Mes petits bouts de Kindergarten préparent avec moi une pièce de théâtre et sont tout excités de venir costumés a l’école mercredi, leur parents cassent leur tirelire pour offrir a chaque élève un petit sac de friandises, les étudiants rivalisent d’ingéniosité pour créer des costumes affreux ou…….super sexy !
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Les fêtes rythment ici la vie beaucoup plus que par chez nous. Dans 3 jours tout est fini mais c’est Thanksgiving qui prendra le relai avant de laisser les lumières de Noel fleurir devant les maisons.
Quant a moi, qui ai passé il y a 10 ans le cap de la vingtaine déguisée en Cruella, que me conseillez vous de porter pour la dizaine supérieure ?
Comme prevu par les experts politiques, Bobby Jindal est devenu le nouveau gouverneur de Louisiane avec 54% des voix...
Ce que sa politique va donner ...nous ne serons pas la pour le voir ; et nous laissons a nos collegues Codofiliens s'ils le souhaitent, la charge de suivre l'evolution de l'Etat sous sa gouvernance.

Aujourd’hui, c’est jour d’élections en Louisiane.
On élit en ce samedi des sénateurs et surtout un nouveau gouverneur.
La médiatique Kathleen Bianco ayant décidé de ne pas se représenter, la course est lancée entre de nombreux candidats au poste.
Juste pour resituer et parce que j’ai potassé des heures pour comprendre…Le gouverneur exerce le pouvoir exécutif. Il y en a un par état et il est élu au suffrage universel direct pour 4 ans. On peut un peu l’assimiler au « président » de l’état. Il peut être élu au 1er tour s’il recueille plus de 50% des suffrages ou attendre le mois de novembre pour connaître son sort.
Une petite dizaine de candidats de tous les partis se présentent demain. Pour avoir une idée des favoris, il suffit de se balader dans les rues de la ville. Ici, les gens affichent leur soutien à un candidat en posant dans leur jardin des affiches de toutes tailles à l’effigie de leur chouchou.
Il y a donc quatre favoris : un indépendant, deux démocrates et un républicain. Chacun a son surnom et traine sa réputation.
Le grand favori est Bobby Jindall, un louisianais d’origine indienne qui a étudie a Oxford (on lui reproche souvent d’avoir fui la Louisiane pour ses études). C’est l’ancien rival de l’actuel gouverneur.
Il est très conservateur, à des idées arrêtées sur l’avortement et la sécurité sociale…Mais…Il devrait gagner car il est « le moins pire » d’après nos amis Louisianais. Même les fervents démocrates avouent qu’ils voteront sans doute pour lui car « au moins, il est intelligent.. ». Le vote des noirs-américains, traditionnellement démocrate, pourrait l’empêcher de rafler le poste au 1er tour mais les experts pensent que l’abstention sera très forte et que la victoire est quasi-assurée.
La campagne ici implique des sommes d’argent énormes, récoltées par les partis ou provenant de la fortune personnelles des candidats. Des spots de campagnes autrement plus musclés que les nôtres ont fleuri sur les écrans depuis plusieurs mois déjà. Les candidats s’y envoient des fleurs a la manière des pubs comparatives et en diffusant des témoignages de citoyens ordinaires victimes de telle ou telle loi proposée par leur rivaux. La premiere video est financee par Jindall, la seconde est une attaque en regle de sa politique de sante, proposee par Boasso, l’un des candidats democrates. Rendez vous demain pour les resultats.
Pendant la 2eme guerre mondiale, le gouvernement américain a incité les citoyens au covoiturage pour économiser l’essence…Aujourd’hui, le concept du covoiturage est toujours d’actualité. En Louisiane ce n’est pas très a la mode mais dans d’autres états, et surtout dans les grandes villes, c’est un mode de transport alternatif assez valorisé.
Il existe par exemple des lignes réservées aux voitures transportant des « carpoolers » sur les Highways, des places spéciales dans les parkings, des sites internet spéciaux pour trouver des compagnons de route. Les avantages du covoiturage sont évidents, Stan qui a roule 600km par semaine pendant 2 ans en France, en sait quelquechose. Economie sur les frais d’essence et d’entretien, bavardages divertissants pour tuer le temps…
La voiture « partagée » serait-elle en passe de devenir aussi célèbre que l’appart en colocation des héros de Friends ? C’est ce qu’espèrent sans doute les scénaristes imaginatifs de la chaine ABC en nous proposant cette nouvelle mini-série sur la vie de quatre types qui « carpoolent » (du verbe « to carpool »…et oui, en anglais on fabrique des verbes avec n'mporte quel nom!…mais c’est une autre histoire…) et dont les relations vont au delà du simple conducteur/passager. Nous avons regardé le 1er épisode, c’est assez amusant !
Il y a en avril un festival international bien connu dans la ville de Lafayette. Mais qui connait celui de Bâton Rouge? Rien à voir bien sur tant du point de vue des spectacles proposés que de la taille de la foule…
Cependant, il y a 2 semaines, j’ai assisté à un rassemblement sympathique avec quelques collègues de mon école ainsi que la plupart de mes élèves.
Dans la salle d’expo de la ville 44 nationalités étaient représentées, sur des stands très bien réalises présentant diverses expositions sur la culture et l’histoire des pays des 5 continents.
Nous avons même participe à la parade des nations, tous vêtus du T-Shirt jaune a l’emblème de notre école. Bien utile pour faire un peu de pub et recruter de futurs étudiants…Et je suis sure que nous avons fait bonne impression, nous étions très nombreux ! Bien plus que l’autre école multilingue (mais privée) de Bâton Rouge !
Le plus étonnant c’est de constater que tous ces pays ont ici à Bâton Rouge des représentants venus pour travailler, suivre leur conjoint ou s’installer définitivement. Une intéressante photographie d’un pays multiethnique ou les populations ne se mélangent guère, sauf dans le cas de tels rassemblements destinés à ouvrir les yeux des enfants sur les autres cultures.










