Qui sommes nous?

Stan, 30 ans chercheur en biologie marine et Anne-So, 30 ans aussi, prof des écoles.

Nous sommes installes depuis 1 an et demi en Louisiane.

Sur ce blog, vous pourrez suivre nos péripéties  : la preparation du voyage, notre installation et notre vie quotidienne aux pays du Zydeco.

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la vie a Baton Rouge

Lundi 28 août 2006

Ou comment eviter de se prendre en pleine face un gros pick up conduit par un bourrin qui n'est jamais monte sur un velo de sa vie...

1-pensez a retropedaler bien avant l'intersection

2-utilisez la semelle de vos chaussures en cas de retropedalage inefficace ou de freinage urgent

3-pensez qu'une fois arrete, il faudra redemarrer et que vos pedales devront etre bien positionnees pour vous eviter de louvoyer au depart et de vous faire klaxonner par le gros balourd

4-quand vous marchez a cote de votre velo en le poussant , evitez les zones pentues au risque de voir votre velo partir seul sans vous...et cogner dans le pick up du gros balourd

5-pratiquez, pratiquez pratiquez sans oublier de saluer d'un "how're you doing" toute personne se deplacant autrement qu'en voiture car vous faites partie d'une communaute, soudee par les gouttes de sueurs qui degoulinent de votre front.

Et pour vous rasserener, pensez a la couche d'ozone, aux calories de votre derniere coupe glacee et aux fessiers de J.Lopez !

 

Par Stanneso
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Samedi 9 septembre 2006

Je suis assez fiere de moi je dois l'avouer.

Dans une ville sans centre ville, sans petits coins sympas ou aller flaner le week end, je pense avoir choisi le quartier ideal pour des europeens comme nous.

Nous aimons marcher, faire du velo, et pour nous la voiture vient en dernier recours.

Depuis quelques semaines deja, je m'offre le tour des lacs de l'universite en velo : c'est magnifique et reposant.

A deux pas de l'effervescence qui regne sur le campus le samedi, a deux pas des bars branches et des restaus sympas on pourra avoir l'impression d'etre en vacances en pleine nature...

Par Stanneso
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Dimanche 10 septembre 2006

En attendant impatiemment mon homme, je continue ma decouverte de Baton Rouge a velo - au passage, je maitrise de mieux en mieux le retropedalage-

En ce samedi de match a la LSU, tout le monde se salue d'un "Happy Game Day" plus ou moins avine..

Je crois que je viens d'avoir mon premier vrai "choc culturel", j'ai vu quelquechose que je n'avais encore jamais vu, j'ai ete vraiment impressionnee. Je me baladais paisiblement dans les rues du campus, bordees de stands a la gloire de Mike le tigre et plus ou moins recouvertes de canettes de Budweiser ecrasees.. quand dans un virage apparait le stade. Immense, rempli d'une foule qui semble minuscule tellement elle est haut perchee, et dont s'echappent les clameurs des supporters. Comme dans un film .....Encore me direz vous? Oui, comme dans un film mais cette fois c'est dans un peplum romain que j'ai ete transportee.

L'ambiance autour du stade est tres "chaude", mais extremement controlee par les voitures de police en ronde permanente.

Les fans sont si nombreux que les divers parkings sont noirs de voitures decorees aux couleurs de la LSU; un champ entier de camping cars prouve la ferveur des admirateurs de l'equipe et l'ampleur de l'evenement qui se renouvelera presque tous les samedis de l'auomne.

Par Stanneso
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Dimanche 24 septembre 2006


Petite balade dans un camping pas comme les autres. Des rangées de camping cars géants se succèdent sur l’immense parking du sud du campus. Ce sont surtout des familles ou des groupes d’amis qui se retrouvent ici pour faire la fête avant le match.

Un peu plus au cœur du campus, des groupes d’étudiants ont installes barnum, barbecues et sono pour se mettre du baume au cœur avant d’aller encourager leur équipe favorite.

Les malheureux n’ayant pas de place de parking réservées font le bonheur des riverains de ma rue qui n’hésitent pas à louer leur bout de jardin pour la journée…

Pour ceux que l’aspect sportif intéresse, ce week end c’était les Tigres de la LSU contre la Vague Verte de Tulane…..

 

Par Stanneso
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Mercredi 10 janvier 2007

Nous pouvons désormais, après 5 mois passes ici vous présenter un peu notre ville d’adoption : Bâton Rouge.

Cette ville a mauvaise réputation il faut le reconnaître : on l’a souvent honorée de « ville la plus criminelle des Etats-Unis », on nous l’a décrite comme «  une raffinerie géante », le guide du routard parle de « punition »…

Et bien faisons taire ces ragots et positivons !

Bâton Rouge est la capitale de la Louisiane et depuis  Katrina elle est aussi la plus peuplée.

C’est une ville américaine typique, sans véritable centre ville avec 2 grands malls (centres commerciaux géants) ou se masse la foule le weekend.

Il est vrai que le trafic y est très dense ( la population a double depuis l’ouragan et les infrastructures routières déjà vieillottes sont totalement dépassées !), mais il si on evite les heures de pointes et qu’on connaît les passages secrets, on peut s’en sortir et traverser la ville en 30 minutes (tout de meme !)

La criminalité a augmente parait il depuis Katrina mais comme souvent aux Etats-Unis elle est plutôt concentrée dans des quartiers précis, le sentiment d’insécurité est donc tout relatif…et puis…personnellement j’ai arrêté d’aller lire les chroniques judiciaires…c’est trop flippant….

Ne vous attendez pas a des gratte ciels géants dans le downtown de Bâton Rouge. Seuls quelques bâtiments se dressent plus haut que la cime des chênes centenaires de la ville.

Ces arbres magnifiques font tout le charme de la ville à mon sens. Sur le campus mais aussi dans d’autres quartiers : le long de Highland, dans le Garden district…Ils donnent à la ville son identité « louisianaise », quand la mousse espagnole s’épanouit sur les branches.

Revenez sur ce blog pour une decouverte pas a pas des attraits de la ville et venez faire un tour a Baton Rouge pour vous defaire des idees recues transmises par des gens peu informes...(et portant des t-shirt oranges...)

Par Stanneso
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Mercredi 25 avril 2007

Le soleil brille, il fait chaud, les américaines peaufinent leur bronzage dans les cabines a UV…Comme vous pouvez le constater en plein coeur du campus, d’autres choisissent la méthode plus traditionnelle du bain de soleil au bord de l’eau…

Attention a vos petits chiens lors de vos futures balades autour du lac de la LSU, la petite bête qui lézarde ici tranquillement au soleil pourrait bien avoir un petit creux…Sa maman attend peut être aussi son tour gentiment derriere un cypres.

 

 Pour la petite histoire, il y a quelques années, un gros alligator qui avait élu domicile dans le lac a été traqué puis exécuté. Celui-ci est encore tout petit mais déjà le courrier des lecteurs du journal du campus regorge de lettres de lecteurs inquiets pour leurs mollets !

Par Stanneso
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Dimanche 20 mai 2007

La nouvelle a bouleversé toute l’Université et même bien au-delà : Mike V, la mascotte de la LSU, est mort ce 18 Mai des suites d’une opération et après quelques semaines pendant lesquelles sa sante se détériorait. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, vous savez que Mike est le Tigre de la LSU et le chouchou de tous les supporter des équipes de sport de la LSU. Un communiqué a été envoyé a tous les étudiants et membres de la LSU pour annoncer la nouvelle (http://www.lsu.edu/  si vous voulez plus de détails), nouvelle immédiatement relayée par tous les journaux de Louisiane. Ca fera sans doute rire plus d’un français pour qui c’est sans doute beaucoup de bruit pour rien, mais Mike jouait un grand rôle dans l’aura de l’Université. On se rend alors compte d’une des différences entre les Universités européennes et américaines.

Mike était le 5eme du nom et aura été la mascotte de 1989 à 2007. Ceux qui ont eu la chance de le voir ont pu remarquer que ce tigre était vraiment chouchouté et avait une cage que les tigres du monde entier enviaient (en tout cas ceux qui vivent en captivité). Une série de photos retracent sa vie, de sa période de bébé adorable, a celle de grosse peluche toute douce (http://www.lsusports.net/PhotoAlbum.dbml). Sous son règne a été construite une nouvelle cage qui se trouve entre le stade de football et celui de basket. Elle est tout simplement immense (elle a couté 175000 $, juste en modification de l’ancienne – entièrement financé par des dons et un appel au mécénat – une autre différence avec la France) et comprend une piscine et des rochers (des vrais, pas comme dans la plupart des zoos) pour qu’il joue a cache-cache avec ses soigneurs ! Une cage avec d’immense vitres pour mieux le voir et surtout pour éviter certains incidents : un des nombreux touristes et fan de la LSU était venu le voir en baladant choupette, son caniche (nom entièrement invente mais fait réel) … choupette a voulu voir Mike d’un peu trop près … et Mike a attrapé et bouffé choupette d’un coup de patte...

Ceux qui l’ont connu bébé racontent que tous les jours, les soigneurs (des vétérinaires de l’école qui se trouve sur le campus) venaient pour jouer avec lui. Les soirs de match, Mike était lâché sur le terrain et courait après une voiture téléguidée … c’était avant d’avoir assez de force pour arracher le bras des adversaires. Par la suite, il faisait le tour du stade dans une cage tirée par un pick-up, pour chauffer les 92800 fans du stade !

Un site lui est d’ailleurs consacre (http://www.mikethetiger.com) et vous pouviez même regarder sa cage en live grâce a une webcam, ou faire un don pour avoir votre propre brique gravée de l’inscription de votre choix (100$ la petite brique , 500$ la grosse brique, 5000$ la plaque en bronze, infos données a la demande de Jean Pierre Pernaud, mais vérifiables sur le site internet ci-dessus).

Mike VI devrait arriver pour le début de la saison de football à la LSU, pour la plus grande joie des supporters et le moral des joueurs qui se sentent un peu mous sans Mike derrière eux !!!

Et puis en parlant de bete féroce et dangereuse, nous avons une petite pensée pour notre hamster Eddy a qui nous n'avons pas pu faire traverser l'Alantique et qui nous manquera beaucoup (surtout moi !).  Mike n'aurait pas fait le poids !

Geaux Tigers !

P.S. : ces photos proviennent du site de la LSU.

Par Stanneso
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Mercredi 20 juin 2007

Et voila, ca recommence !  Un nouveau flash flooding … Quesako ? Un flash flooding est une alerte météo pour une ‘inondation flash’, traduisez une montée des eaux rapide et spectaculaire qui va faire que vous allez être tout trempé dans quelques minutes.  La France vient de connaître une série d’orages qui ont été responsables de pas mal de floodings je crois.  Mais ici, c’est très souvent que nous avons ce genre d’alertes, qui paraissent sur un site météo qui est assez bluffant de précision.  Les orages arrivent et partent quasiment a la minute annoncée près. 

Comment se passe un flash flooding dans notre petit condo de Coventry Terraces ?   Laissez moi deux minutes, le temps d’aller mettre une serpillère sous la porte de la cuisine parce que la tempête souffle pile poil du mauvais coté et notre beau tapis 100% poil de lama, 100% made in Pakinstan, est déjà trempé … Voila, c’est fait …  Lors d’un flash flooding, les locataires semblent bien rodés.  Des que le canal censé évacuer les eaux de pluies ne peut plus fournir, on voit son niveau monter et on commence a se demander : « crap, ou ai-je garé la voiture ?».  Si elle est dans le parking autour du bâtiment 1 (pas le notre) … biennnn. Si elle est dans le parking autour du bâtiment 2 (le notre)… pas biennnnn.  Il faut donc penser a la déplacer et d’ailleurs, la manager vient juste de tambouriner a la porte pour me le rappeler.  Je me mets donc quasiment a poil pour aller affronter les pluies torrentielles.  Pas la peine d’essayer de slalomer entre les gouttes, je me dirige droit vers la voiture qui a déjà le bas de caisse qui trempe.  Et puis vient la question « bon, OK, mais je la mets ou vu que l’eau, elle arrive maintenant de partout parce que les autres canaux un peu plus loin, bah ils débordent aussi ».  Et la, c’est très utile d’avoir deja survécu a un flash flooding car ca vous a forcé a étudier la topographie du terrain, chose que l’on néglige très souvent !  Alors vous vous précipitez sur les zones les moins susceptibles d’être couvertes par l’eau, en regardant les autres (les malheureux qui n’ont pas étudié la topographie du terrain … et qui le feront pour la prochaine fois) qui essayent de monter l’avant de la voiture sur un bout de trottoir, en arrachant au passage leur bas de caisse et en transformant leur pot d’échappement en jet d’eau.  Une fois la voiture à l’ abri (pense-t-on) on se dit qu’il faut maintenant regagner l’appart en slalomant entre les éclairs et les coups de tonnerre que même un sourd entendrait.

Pendant ce temps, votre petite femme prépare les serviettes et regarde attentivement le contrat d’assurance de la voiture (quand il y en a un … mais en bon français sur-assuré, nous en avons un) et téléphone à l’assurance pour s’assurer que nous sommes bien couvert pour les inondations … non ? Comment ca non ? Bon bah, c’est combien ?

Le flash flooding porte bien son nom (pas bêtes ces ricains).  Il arrive aussi vite qu’il repart.  En laissant quelques traces boueuses sur le parking qui disparaitront à la prochaine averse.  Et puis on se prépare au prochain (relevés topo, réserve de serpillères, etc…), ils sont fréquents en cette saison.  Je vous laisse une petite vidéo de mon dernier flash flooding géré en célibataire, alors qu’Anne-So est en train de prendre un bain de soleil à la Baule, pendant que son mari peaufine les relevés topographiques établis lors du dernier flash flooding !  Sur la vidéo, on voit le canal qui déborde sur le terrain de foot et qui va arriver sur le parking ou c’est le balai des voitures.  Petit indice : le nul en relevés topographiques est celui qui va vers la droite.

Par Stanneso
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Vendredi 31 août 2007

La saison de football (américain hein … pas le soccer européen) est sur le point de commencer, pour le championnat professionnel comme pour le championnat universitaire.  Le stade de la LSU commence d’ailleurs à bouillir et souffle un peu depuis que Mike VI a investi la cage du campus, redonnant du mordant à tous ceux qui désespéraient de ne pas avoir de remplaçant de feu Mike V pour le début de la saison.  Les commentaires vont bon train et il ne se passe pas une semaine sans que les journaux locaux ne fassent des pronostics sur les chances de victoire de la LSU – toujours bien placée dans le championnat – et commentent le tirage au sort des équipes qu’elle devra affronter.

Comme vous le savez si vous nous suivez depuis le début, la LSU a ses fans qui se retrouvent avant chaque match pour un barbecue et une Bud Light (ou plusieurs …) à l’arrière de leur pickup ou de leur camping car pour les plus fortunés.  C’est le tailgating.  Pour tous ces fans impatients de voir la saison reprendre, la LSU a organisé, comme tous les ans, un « fan day ». 

Pendant un après-midi, le stade ouvre ses portes au public.  Les fans, arrivés pour certains tôt le matin, peuvent donc partir à la chasse aux autographes et voir les joueurs et les coachs.  Nous nous sommes glissés dans la foule aux abords du stade pour rentrer dans la peau de vrais Tigers.  Nous avons donc patiemment attendu presque 2 heures sous un soleil de plomb pour rentrer dans la « Death Valley » (nom donné au stade de la LSU, ou les supporters – et les étudiants en particulier – sont réputés pour faire tellement de bruit quand les adversaires attaquent que le quaterback de l’équipe adverse ne peut pas se faire entendre et communiquer les schémas tactiques à ses partenaires).  Nous avons donc foulé la pelouse du stade de 92 000 placeas – plus grand que le stade de France à Paris par exemple – et même pu avoir un autographe du quaterback Matt Flyn que tout le monde dit prometteur, même si celui de la saison dernière, désormais dans le championnat professionnel après avoir fait des miracles, sera regretté.

L’organisation est, comme toujours aux USA, impeccable.  Tout autour de la pelouse, les joueurs sont dans des stands en fonction de leur position sur le terrain et les fans font la queue en face du panneau pour aller voir leurs joueurs favoris.  Plus vous arrivez tôt, plus vous avez de chance d’avoir plusieurs autographes.  Les vrais fans ont tous acheté un ballon de foot LSU ou une reproduction d’un casque de joueur pour recueillir les signatures, ce qui est certes beaucoup plus sympa que de les faire signer sur le calendrier de la saison.  Nous en avons aussi profité – d’accord… j’en ai profité – pour aller voir les nouvelles cheerleaders, vous savez, celles qui font la pyramide en levant les gambettes sur les bords du stade. A ne pas confondre avec les dancing-girls, beaucoup plus âgées … et plus dénudées … et qui se trémoussent en cœur sur les airs de la fanfare.

Bref, une saison qui démarre avec peut être en ligne de mire un titre de champion.  De beaux barbecues en perspective quoiqu’il en soit !

 

Par Stan
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Lundi 17 septembre 2007

Devant l’insistance générale d’Anne-Sophie toute seule (non, c’est pas vrai hein), je me devais d’en dire un peu plus sur mon métier.  Ceux qui suivent nos aventures en Louisiane savent que je suis chercheur, mais ce que je fais précisément, peu le savent.  Il est vrai que dans la catégorie des boulots « qui ne servent à rien à part dépenser l’argent du contribuable », le métier de chercheur arrive en bonne position dans l’esprit des gens.  « Anne-Sophie, elle, au moins, elle sert à quelque chose » se disent d’ailleurs ces mêmes personnes. Alors en voilà un peu plus sur mon métier, ici en Louisiane.

Je suis chercheur en Océanographie (vaste domaine) et plus particulièrement spécialiste des peuplements benthiques. Quesako ? J’étudie essentiellement les animaux qui vivent dans le sable ou la vase des mers ou des estuaires, ou sur les estrans rocheux.  J’identifie quelles espèces sont présentes et je regarde surtout qui vit avec qui et qui mange qui.  Pour être plus précis, je travaille actuellement sur un programme qui est financé par la branche du gouvernement américain qui s’occupe de l’exploitation des sols.  Au large de la Louisiane, dans le golfe du Mexique, se trouvent des bancs de sable (les shoals) que le gouvernement voudrait aspirer pour les remettre en partie sur la cote, en espérant la protéger de l’érosion croissante et de l’action des ouragans, très dommageable pour les cotes de Louisiane.  Oui mais voilà, on ne sait pas quelles espèces vivent sur ces bancs de sable et une loi oblige à faire une étude de l’impact qu’aurait un prélèvement massif de sable – on parle de milliards de mètres cubes de sable – sur les animaux qui vivent sur ces bancs de sable.  Après plusieurs missions en mer sur les sites en question pendant lesquelles on utilise des bennes métalliques que l’on fait plonger pour remonter du sable, je sépare, je compte et j’identifie toutes les espèces que l’on trouve dans ces sables.  L’objectif est de savoir si la biodiversité de ce milieu est forte (biodiversité … un mot que Nicolas Hulot sait manier à la perfection) et surtout de savoir si les espèces ou les associations d’espèces sont rares et sont potentiellement menacées par un prélèvement à grande échelle.  En effet, un prélèvement aurait pour but de diminuer la hauteur du banc – donc de changer toute la topographie du milieu – et de transporter à la cote des organismes qui inévitablement ne survivraient pas.  Il faut donc comprendre finalement le ou les rôle(s) de ces bancs dans l’écosystème.  Ces bancs jouent un rôle d’habitat pour des espèces qui viennent s’y protéger des prédateurs ou qui viennent y trouver plus d’oxygène que dans les environs très vaseux et beaucoup plus pauvres en oxygène.  Ces bancs jouent aussi un rôle de cantine pour certaines espèces comme le crabe bleu de Louisiane qui y trouve des coquillages et des vers en profusion.  Enfin ces bancs jouent un rôle dans la reproduction d’espèces qui viennent y pondre  ou dont les jeunes viennent s’y fixer.  Bref, je cherche à comprendre comment tout ce petit monde s’organise, et comment la chaine alimentaire fonctionne pour déterminer les conséquences d’un changement dans ces rouages biologiques.  Bien sur, je travaille avec des collègues qui ont d’autres spécialités, comme des physiciens qui modélisent l’action des vagues sur la coté et le rôle de ces bancs sur l’action des vagues, ou des collègues qui travaillent sur les microalgues et qui regardent si ces bancs, peu profond et qui ont donc plus de lumière, ne sont pas une zone ou les algues ne poussent pas mieux … Et puis il y a les étudiants, qui participent à cet effort de recherche et qui apprennent comment « chercher » et les « student-worker », des étudiants qui viennent faire un stage ou tout simplement préfèrent gagner de l’argent en triant des échantillons de bestioles plutôt que de cuire des ailes de poulet dans le restaurant du coin.

J’ai l’habitude de dire que « je suis chercheur, pas trouveur », à la question « Mais, est-ce que tu trouves ? ».  Schématiquement, le métier de chercheur, c’est apporter des réponses à une question que l’on s’est posée au départ et en soulever d’autres.  Puis il faut trouver de l’argent pour répondre à ces nouvelles questions.  L’argent est bien sur plus facile à trouver quand il y a des implications industrielles – et donc de l’argent à gagner –  mais les implications écologiques commencent elles aussi à montrer que le cout pour l’humanité sera financièrement très élevé si l’on ne comprend pas tout le fonctionnement des écosystèmes que l’on s’acharne à exploiter.  Le golfe du Mexique est à ce titre un formidable terrain de jeu et j’essaye de contribuer, à ma manière, à la lutte contre l’exploitation des milieux par l’homme et son impact sur l’environnement.

Voilà, j’espère vous avoir éclairé un peu sur ce que je fais ici en Louisiane, et ce que je fais en général.  Même si je passe beaucoup de temps sur un microscope et que je ne compte pas mes heures, je pense qu’on est loin du formidable sketch des Nuls que je ne résiste pas à vous remettre, histoire de rire encore de ces faignants qui « coutent chers et qui produisent rien » ! 

 

Par Stanneso
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