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Jeudi 6 décembre 2007

Contre toute attente, ce qui va me manquer le plus après notre retour en France c’est l’esprit « d’équipe » qui règne à Bâton Rouge et plus particulièrement a la LSU. Bien que je ne sois pas une vraie « Tiger » comme me le fait remarquer Stan (je n’étudie ni ne travaille a la fac), je me suis laissée happée par la folie qui entoure l’équipe de football et par tous ces rituels et coutumes propres aux universités américaines.

La LSU a ses symboles et parmi eux un de mes favoris reste le TigerBand. Une sorte d’orchestre de fanfare composé de cuivre et de percussions accompagnés des « color guards » ou « porteuses des couleurs » et  de danseuses, les « dancing girls » ou si vous préférez « les chouchoutes de Stan ». Les voici d’ailleurs en pleine action…

Tous sont étudiants et gagnent des crédits (équivalents de nos UV) en étant membre du Band. La sélection est rude et les soirées chargées : répétitions 5 fois par semaine, week-end occupés à suivre l’équipe de foot, représentations diverses…

Fin Novembre ils ont donne un grand concert pour récolter des fonds afin de s’offrir un nouveau bâtiment. Nous connaissons déjà tout par cœur mais nous voulions avoir la chance de garder une trace de ces musiques qui soudent les gens par ici…Les quelques notes entendues sur la  vidéo suivante sont sans doute les plus célèbres ici et évoquent les victoires de l’équipe de Tigers aux habitants de Bâton Rouge des leur plus jeune âge.

 
Voici aussi l’hymne officiel de l’équipe :
« Hey Fightin Tigers »

Hey! Fightin' Tigers! Fight all the way!
Hey! Fightin' Tigers! Win the game today!
You've got the know-how, You're doin' fine
Hang on the the ball as you hit the wall
And smash right through the line.
You've got to go-o-o-o! for a touchdown
Ru-u-un! up the score!
Make Mike the Tiger stand right up and roar. ROAR! !! !!
Give it all of your might as you fight tonight,
And keep the goal in view, Victory for LSU!!!

 

Et pour finir l’hymne officiel de l’Université ou Alma Mater, joue par l’orchestre a cordes de la fac.

Where stately oaks and broad magnolias
shade inspiring halls,
There stands our dear Old Alma Mater
who to us recalls
Fond memories that waken in our hearts
a tender glow,
And make us happy for the love
that we have learned to know.

All hail to thee our Alma Mater,
molder of mankind,
May greater glory, love unending
be forever thine.
Our worth in life will be thy worth
we pray to keep it true,
And may thy spirit live in us, forever…L-S-U.

Lundi 22 octobre 2007

Comme prevu par les experts politiques, Bobby Jindal est devenu le nouveau gouverneur de Louisiane avec 54% des voix...

Ce que sa politique va donner ...nous ne serons pas la pour le voir ; et nous laissons a nos collegues Codofiliens s'ils le souhaitent, la charge de suivre l'evolution de l'Etat sous sa gouvernance.

Samedi 20 octobre 2007

Aujourd’hui, c’est jour d’élections en Louisiane.

On élit en ce samedi des sénateurs  et surtout un nouveau gouverneur.

La médiatique Kathleen Bianco ayant décidé de ne pas se représenter, la course est lancée entre de nombreux candidats au poste.

Juste pour resituer et parce que j’ai potassé des heures pour comprendre…Le gouverneur exerce le pouvoir exécutif. Il y en a un par état et il est élu au suffrage universel direct pour 4 ans. On peut un peu l’assimiler au « président » de l’état. Il peut être élu au 1er tour s’il recueille plus de 50% des suffrages ou attendre le mois de novembre pour connaître son sort.

Une petite dizaine de candidats de tous les  partis se présentent demain. Pour avoir une idée des favoris, il suffit de se balader dans les rues de la ville. Ici, les gens affichent leur soutien à un candidat en posant dans leur jardin des affiches de toutes tailles à l’effigie de leur chouchou.

Il y a donc quatre favoris : un indépendant, deux démocrates et un républicain. Chacun a son surnom et traine sa réputation.

Le grand favori est Bobby Jindall, un louisianais d’origine indienne qui a étudie a Oxford (on lui reproche souvent d’avoir fui la Louisiane pour ses études). C’est l’ancien rival de l’actuel gouverneur.

Il est très conservateur, à des idées arrêtées sur l’avortement et la sécurité sociale…Mais…Il devrait gagner car il est « le moins pire » d’après nos amis Louisianais. Même les fervents démocrates avouent qu’ils voteront sans doute pour lui car « au moins, il est intelligent.. ». Le vote des noirs-américains, traditionnellement démocrate, pourrait l’empêcher de rafler le poste au 1er tour mais les experts pensent que l’abstention sera très forte et que la victoire est quasi-assurée.

La campagne ici implique des sommes d’argent énormes, récoltées par les partis ou provenant de la fortune personnelles des candidats. Des spots de campagnes autrement plus musclés que les nôtres ont fleuri sur les écrans depuis plusieurs mois déjà. Les candidats s’y envoient des fleurs a la manière des pubs comparatives et en diffusant des témoignages de citoyens ordinaires victimes de telle ou telle loi proposée par leur rivaux. La premiere video est financee par Jindall, la seconde est une attaque en regle de sa politique de sante, proposee par Boasso, l’un des candidats democrates. Rendez vous demain pour les resultats.

 
Samedi 6 octobre 2007

Il y a en avril un festival international bien connu dans la ville de Lafayette. Mais qui connait celui de Bâton Rouge? Rien à voir bien sur tant du point de vue des spectacles proposés que de la taille de la foule…

Cependant, il y a 2 semaines, j’ai assisté à un rassemblement sympathique avec quelques collègues de mon école ainsi que la plupart de mes élèves.

Dans la salle d’expo de la ville  44 nationalités étaient représentées, sur des stands très bien réalises présentant diverses expositions sur la culture et l’histoire des pays des 5 continents.

Nous avons même participe à la parade des nations, tous vêtus du T-Shirt jaune a l’emblème de notre école. Bien utile pour faire un peu de pub et recruter de futurs étudiants…Et je suis sure que nous avons fait bonne impression, nous étions très nombreux ! Bien plus que l’autre école multilingue (mais privée) de Bâton Rouge !

Le plus étonnant c’est de constater que tous ces pays ont ici à Bâton Rouge des représentants venus pour travailler, suivre leur conjoint ou s’installer définitivement. Une intéressante photographie d’un pays multiethnique ou les populations ne se mélangent guère, sauf dans le cas de tels rassemblements destinés à ouvrir les yeux des enfants sur les autres cultures.

Dimanche 30 septembre 2007

Derrière chez nous y’a un lac.  Y’a aussi un terrain de foot, entendez de football américain bien sur.  C’est le stade des « Mighty Panthers » de McKinkey High School.  Mais en ce début de saison de football, c’est aussi un lieu bourdonnant d’activités tous les weekends.  En effet, alors que ce terrain est d’ordinaire peu utilisé, pour les entrainements et les matchs des Mighty Panthers, nous sommes réveillés le samedi matin par des cornes de brumes et des cris d’enfants … des tournois de tout jeunes joueurs ont lieu en cette période de l’année sur ce stade.  En fait, ce sont des tournois organisés par l’association « Louisiana Youth Football » qui s’est donné pour mission de faire faire du sport aux jeunes et d’utiliser les stades de différentes villes à cet effet, pour promouvoir les valeurs du sport « Responsibility; Goal Setting; Sportsmanship; Self Control; Smart Decisions; Teamwork; Leadership; Perseverance ».

Allez-voir leur site www.scotlandvillesportsacademy.com/LYFAboutUs.html.

Cinq ou six équipes s’affrontent dans des matchs d’une petite heure sous forme de tournois.  Le spectacle, que nous regardons avec amusement après les avoir maudit quelques minutes, vaut vraiment le coup d’œil.  Les enfants, entre 6 et 13 ans, sont affublés du même équipement que celui de leurs idoles qu’ils représentent fièrement.  Par exemple, ce matin les « Saints » de la Nouvelle Orléans étaient à Bâton Rouge !  Même si leurs équipements sont, j’imagine, taille junior, c’est particulièrement drôle de voir des enfants porter cet accoutrement.  Ils ont l’air d’être tout simplement déguisés avec des casques trop grands, des épaulières qui triplent leur largeur d’épaule et des T-shirt trop longs !  Ils sont tout choupinets !  Et c’est tout comme les grands : la trentaine de joueurs est encadrée par au moins 3 adultes, avec tout l’équipement du parfait professionnel, les glacières de boissons Gatorade et les cheerleaders, pas plus grandes et tout aussi concentrées que les joueurs qu’elles supportent.  De futurs pros à n’en pas douter.  Les petits, plus « athlétiques » jouent les quaterbacks ou les runnerbacks – ceux qui courent vite –et les plus « enveloppés » jouent la première ligne de défense, les blockers, ceux qu’on a du mal à pousser !  Tout le monde trouve sa place dans ce jeu !

Lundi 24 septembre 2007

Si vous croyez cela, vous n’avez jamais mis le pied dans une fourmilière de fourmis rouges ou fourmis de feu comme on les appelle ici.

A votre arrivée en Louisiane, vous proposez à vos élèves de jouer au « facteur » sur l’herbe dans la cour de récré. Une de vos petites vous accroche le bras et se plaint de ne pas vouloir s’asseoir a cause des fourmis. « Espèce de chochotte, », pensez vous en lui disant de s’asseoir comme tout le monde.

Quelques semaines plus tard, un de vos collègues du Codofil met le pied dans une fourmilière car il a la bonne idée de marcher pieds-nus dans un champ détrempé…Son cri de douleur vous interpelle mais malgré votre empathie certaine, vous ne comprenez toujours pas.

Mais votre chance va tourner : chaussée de tongs toutes neuves, vous avez un jour l’idée saugrenue de descendre de voiture en mettant les pieds dans l’herbe. « Tiens ! Qu’est ce qui m’a piqué ? » pensez-vous en ressentant comme un pincement près de votre gros orteil droit…Vous scrutez la pelouse et vous apercevez des milliers de fourmis toutes petites qui grouillent devant vous. Bon, vous n’êtes pas une chochotte comme ces petites américaines et vous pensez que ca va gratter quelques heures et que ca passera…

La nuit venue, une sensation atroce de démangeaison vous tire du sommeil. Votre pied brule ! Au risque de réveiller votre cher et tendre qui dort tranquillement a coté (le bienheureux), vous allumez la lumière pour constater que votre pied droit a triplé de volume ! Une double entorse ?  Non, vous êtes tellement peu sportive au moment des faits vous n’auriez jamais eu l’occasion de vous faire ce genre de blessure ! Vos pensées embrumées se remettent en ordre et vous vous rappelez cet insecte grouillant croisé quelques heures plus tôt ! Ahrgh !!! C’était donc ca !

Au réveil vous pouvez à peine poser le pied par terre, une trace de morsure est apparue juste la ou vous aviez ressenti le pincement apparemment anodin…La grosseur de votre pied fait halluciner vos collègues, vous ne pouvez plus mettre de chaussures fermées…

 

Apres 15 jours de démangeaisons récurrentes, votre pied dégonfle enfin et la trace de morsure disparaît. Vous cauchemardez a l’idée que plusieurs fourmis auraient pu vous piquer en même temps…

Depuis cette rencontre malheureuse, cela vous est arrivé encore 3 fois (il vous a fallu du temps pour comprendre que surveiller la récré en tongs c’était une idée débile…) et vous n’avez plus jamais proposé à vos élèves de jouer au facteur dans l’herbe…

Lundi 17 septembre 2007

Devant l’insistance générale d’Anne-Sophie toute seule (non, c’est pas vrai hein), je me devais d’en dire un peu plus sur mon métier.  Ceux qui suivent nos aventures en Louisiane savent que je suis chercheur, mais ce que je fais précisément, peu le savent.  Il est vrai que dans la catégorie des boulots « qui ne servent à rien à part dépenser l’argent du contribuable », le métier de chercheur arrive en bonne position dans l’esprit des gens.  « Anne-Sophie, elle, au moins, elle sert à quelque chose » se disent d’ailleurs ces mêmes personnes. Alors en voilà un peu plus sur mon métier, ici en Louisiane.

Je suis chercheur en Océanographie (vaste domaine) et plus particulièrement spécialiste des peuplements benthiques. Quesako ? J’étudie essentiellement les animaux qui vivent dans le sable ou la vase des mers ou des estuaires, ou sur les estrans rocheux.  J’identifie quelles espèces sont présentes et je regarde surtout qui vit avec qui et qui mange qui.  Pour être plus précis, je travaille actuellement sur un programme qui est financé par la branche du gouvernement américain qui s’occupe de l’exploitation des sols.  Au large de la Louisiane, dans le golfe du Mexique, se trouvent des bancs de sable (les shoals) que le gouvernement voudrait aspirer pour les remettre en partie sur la cote, en espérant la protéger de l’érosion croissante et de l’action des ouragans, très dommageable pour les cotes de Louisiane.  Oui mais voilà, on ne sait pas quelles espèces vivent sur ces bancs de sable et une loi oblige à faire une étude de l’impact qu’aurait un prélèvement massif de sable – on parle de milliards de mètres cubes de sable – sur les animaux qui vivent sur ces bancs de sable.  Après plusieurs missions en mer sur les sites en question pendant lesquelles on utilise des bennes métalliques que l’on fait plonger pour remonter du sable, je sépare, je compte et j’identifie toutes les espèces que l’on trouve dans ces sables.  L’objectif est de savoir si la biodiversité de ce milieu est forte (biodiversité … un mot que Nicolas Hulot sait manier à la perfection) et surtout de savoir si les espèces ou les associations d’espèces sont rares et sont potentiellement menacées par un prélèvement à grande échelle.  En effet, un prélèvement aurait pour but de diminuer la hauteur du banc – donc de changer toute la topographie du milieu – et de transporter à la cote des organismes qui inévitablement ne survivraient pas.  Il faut donc comprendre finalement le ou les rôle(s) de ces bancs dans l’écosystème.  Ces bancs jouent un rôle d’habitat pour des espèces qui viennent s’y protéger des prédateurs ou qui viennent y trouver plus d’oxygène que dans les environs très vaseux et beaucoup plus pauvres en oxygène.  Ces bancs jouent aussi un rôle de cantine pour certaines espèces comme le crabe bleu de Louisiane qui y trouve des coquillages et des vers en profusion.  Enfin ces bancs jouent un rôle dans la reproduction d’espèces qui viennent y pondre  ou dont les jeunes viennent s’y fixer.  Bref, je cherche à comprendre comment tout ce petit monde s’organise, et comment la chaine alimentaire fonctionne pour déterminer les conséquences d’un changement dans ces rouages biologiques.  Bien sur, je travaille avec des collègues qui ont d’autres spécialités, comme des physiciens qui modélisent l’action des vagues sur la coté et le rôle de ces bancs sur l’action des vagues, ou des collègues qui travaillent sur les microalgues et qui regardent si ces bancs, peu profond et qui ont donc plus de lumière, ne sont pas une zone ou les algues ne poussent pas mieux … Et puis il y a les étudiants, qui participent à cet effort de recherche et qui apprennent comment « chercher » et les « student-worker », des étudiants qui viennent faire un stage ou tout simplement préfèrent gagner de l’argent en triant des échantillons de bestioles plutôt que de cuire des ailes de poulet dans le restaurant du coin.

J’ai l’habitude de dire que « je suis chercheur, pas trouveur », à la question « Mais, est-ce que tu trouves ? ».  Schématiquement, le métier de chercheur, c’est apporter des réponses à une question que l’on s’est posée au départ et en soulever d’autres.  Puis il faut trouver de l’argent pour répondre à ces nouvelles questions.  L’argent est bien sur plus facile à trouver quand il y a des implications industrielles – et donc de l’argent à gagner –  mais les implications écologiques commencent elles aussi à montrer que le cout pour l’humanité sera financièrement très élevé si l’on ne comprend pas tout le fonctionnement des écosystèmes que l’on s’acharne à exploiter.  Le golfe du Mexique est à ce titre un formidable terrain de jeu et j’essaye de contribuer, à ma manière, à la lutte contre l’exploitation des milieux par l’homme et son impact sur l’environnement.

Voilà, j’espère vous avoir éclairé un peu sur ce que je fais ici en Louisiane, et ce que je fais en général.  Même si je passe beaucoup de temps sur un microscope et que je ne compte pas mes heures, je pense qu’on est loin du formidable sketch des Nuls que je ne résiste pas à vous remettre, histoire de rire encore de ces faignants qui « coutent chers et qui produisent rien » ! 

 

Vendredi 31 août 2007

La saison de football (américain hein … pas le soccer européen) est sur le point de commencer, pour le championnat professionnel comme pour le championnat universitaire.  Le stade de la LSU commence d’ailleurs à bouillir et souffle un peu depuis que Mike VI a investi la cage du campus, redonnant du mordant à tous ceux qui désespéraient de ne pas avoir de remplaçant de feu Mike V pour le début de la saison.  Les commentaires vont bon train et il ne se passe pas une semaine sans que les journaux locaux ne fassent des pronostics sur les chances de victoire de la LSU – toujours bien placée dans le championnat – et commentent le tirage au sort des équipes qu’elle devra affronter.

Comme vous le savez si vous nous suivez depuis le début, la LSU a ses fans qui se retrouvent avant chaque match pour un barbecue et une Bud Light (ou plusieurs …) à l’arrière de leur pickup ou de leur camping car pour les plus fortunés.  C’est le tailgating.  Pour tous ces fans impatients de voir la saison reprendre, la LSU a organisé, comme tous les ans, un « fan day ». 

Pendant un après-midi, le stade ouvre ses portes au public.  Les fans, arrivés pour certains tôt le matin, peuvent donc partir à la chasse aux autographes et voir les joueurs et les coachs.  Nous nous sommes glissés dans la foule aux abords du stade pour rentrer dans la peau de vrais Tigers.  Nous avons donc patiemment attendu presque 2 heures sous un soleil de plomb pour rentrer dans la « Death Valley » (nom donné au stade de la LSU, ou les supporters – et les étudiants en particulier – sont réputés pour faire tellement de bruit quand les adversaires attaquent que le quaterback de l’équipe adverse ne peut pas se faire entendre et communiquer les schémas tactiques à ses partenaires).  Nous avons donc foulé la pelouse du stade de 92 000 placeas – plus grand que le stade de France à Paris par exemple – et même pu avoir un autographe du quaterback Matt Flyn que tout le monde dit prometteur, même si celui de la saison dernière, désormais dans le championnat professionnel après avoir fait des miracles, sera regretté.

L’organisation est, comme toujours aux USA, impeccable.  Tout autour de la pelouse, les joueurs sont dans des stands en fonction de leur position sur le terrain et les fans font la queue en face du panneau pour aller voir leurs joueurs favoris.  Plus vous arrivez tôt, plus vous avez de chance d’avoir plusieurs autographes.  Les vrais fans ont tous acheté un ballon de foot LSU ou une reproduction d’un casque de joueur pour recueillir les signatures, ce qui est certes beaucoup plus sympa que de les faire signer sur le calendrier de la saison.  Nous en avons aussi profité – d’accord… j’en ai profité – pour aller voir les nouvelles cheerleaders, vous savez, celles qui font la pyramide en levant les gambettes sur les bords du stade. A ne pas confondre avec les dancing-girls, beaucoup plus âgées … et plus dénudées … et qui se trémoussent en cœur sur les airs de la fanfare.

Bref, une saison qui démarre avec peut être en ligne de mire un titre de champion.  De beaux barbecues en perspective quoiqu’il en soit !

 

Mercredi 20 juin 2007

Et voila, ca recommence !  Un nouveau flash flooding … Quesako ? Un flash flooding est une alerte météo pour une ‘inondation flash’, traduisez une montée des eaux rapide et spectaculaire qui va faire que vous allez être tout trempé dans quelques minutes.  La France vient de connaître une série d’orages qui ont été responsables de pas mal de floodings je crois.  Mais ici, c’est très souvent que nous avons ce genre d’alertes, qui paraissent sur un site météo qui est assez bluffant de précision.  Les orages arrivent et partent quasiment a la minute annoncée près. 

Comment se passe un flash flooding dans notre petit condo de Coventry Terraces ?   Laissez moi deux minutes, le temps d’aller mettre une serpillère sous la porte de la cuisine parce que la tempête souffle pile poil du mauvais coté et notre beau tapis 100% poil de lama, 100% made in Pakinstan, est déjà trempé … Voila, c’est fait …  Lors d’un flash flooding, les locataires semblent bien rodés.  Des que le canal censé évacuer les eaux de pluies ne peut plus fournir, on voit son niveau monter et on commence a se demander : « crap, ou ai-je garé la voiture ?».  Si elle est dans le parking autour du bâtiment 1 (pas le notre) … biennnn. Si elle est dans le parking autour du bâtiment 2 (le notre)… pas biennnnn.  Il faut donc penser a la déplacer et d’ailleurs, la manager vient juste de tambouriner a la porte pour me le rappeler.  Je me mets donc quasiment a poil pour aller affronter les pluies torrentielles.  Pas la peine d’essayer de slalomer entre les gouttes, je me dirige droit vers la voiture qui a déjà le bas de caisse qui trempe.  Et puis vient la question « bon, OK, mais je la mets ou vu que l’eau, elle arrive maintenant de partout parce que les autres canaux un peu plus loin, bah ils débordent aussi ».  Et la, c’est très utile d’avoir deja survécu a un flash flooding car ca vous a forcé a étudier la topographie du terrain, chose que l’on néglige très souvent !  Alors vous vous précipitez sur les zones les moins susceptibles d’être couvertes par l’eau, en regardant les autres (les malheureux qui n’ont pas étudié la topographie du terrain … et qui le feront pour la prochaine fois) qui essayent de monter l’avant de la voiture sur un bout de trottoir, en arrachant au passage leur bas de caisse et en transformant leur pot d’échappement en jet d’eau.  Une fois la voiture à l’ abri (pense-t-on) on se dit qu’il faut maintenant regagner l’appart en slalomant entre les éclairs et les coups de tonnerre que même un sourd entendrait.

Pendant ce temps, votre petite femme prépare les serviettes et regarde attentivement le contrat d’assurance de la voiture (quand il y en a un … mais en bon français sur-assuré, nous en avons un) et téléphone à l’assurance pour s’assurer que nous sommes bien couvert pour les inondations … non ? Comment ca non ? Bon bah, c’est combien ?

Le flash flooding porte bien son nom (pas bêtes ces ricains).  Il arrive aussi vite qu’il repart.  En laissant quelques traces boueuses sur le parking qui disparaitront à la prochaine averse.  Et puis on se prépare au prochain (relevés topo, réserve de serpillères, etc…), ils sont fréquents en cette saison.  Je vous laisse une petite vidéo de mon dernier flash flooding géré en célibataire, alors qu’Anne-So est en train de prendre un bain de soleil à la Baule, pendant que son mari peaufine les relevés topographiques établis lors du dernier flash flooding !  Sur la vidéo, on voit le canal qui déborde sur le terrain de foot et qui va arriver sur le parking ou c’est le balai des voitures.  Petit indice : le nul en relevés topographiques est celui qui va vers la droite.

Dimanche 20 mai 2007

La nouvelle a bouleversé toute l’Université et même bien au-delà : Mike V, la mascotte de la LSU, est mort ce 18 Mai des suites d’une opération et après quelques semaines pendant lesquelles sa sante se détériorait. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, vous savez que Mike est le Tigre de la LSU et le chouchou de tous les supporter des équipes de sport de la LSU. Un communiqué a été envoyé a tous les étudiants et membres de la LSU pour annoncer la nouvelle (http://www.lsu.edu/  si vous voulez plus de détails), nouvelle immédiatement relayée par tous les journaux de Louisiane. Ca fera sans doute rire plus d’un français pour qui c’est sans doute beaucoup de bruit pour rien, mais Mike jouait un grand rôle dans l’aura de l’Université. On se rend alors compte d’une des différences entre les Universités européennes et américaines.

Mike était le 5eme du nom et aura été la mascotte de 1989 à 2007. Ceux qui ont eu la chance de le voir ont pu remarquer que ce tigre était vraiment chouchouté et avait une cage que les tigres du monde entier enviaient (en tout cas ceux qui vivent en captivité). Une série de photos retracent sa vie, de sa période de bébé adorable, a celle de grosse peluche toute douce (http://www.lsusports.net/PhotoAlbum.dbml). Sous son règne a été construite une nouvelle cage qui se trouve entre le stade de football et celui de basket. Elle est tout simplement immense (elle a couté 175000 $, juste en modification de l’ancienne – entièrement financé par des dons et un appel au mécénat – une autre différence avec la France) et comprend une piscine et des rochers (des vrais, pas comme dans la plupart des zoos) pour qu’il joue a cache-cache avec ses soigneurs ! Une cage avec d’immense vitres pour mieux le voir et surtout pour éviter certains incidents : un des nombreux touristes et fan de la LSU était venu le voir en baladant choupette, son caniche (nom entièrement invente mais fait réel) … choupette a voulu voir Mike d’un peu trop près … et Mike a attrapé et bouffé choupette d’un coup de patte...

Ceux qui l’ont connu bébé racontent que tous les jours, les soigneurs (des vétérinaires de l’école qui se trouve sur le campus) venaient pour jouer avec lui. Les soirs de match, Mike était lâché sur le terrain et courait après une voiture téléguidée … c’était avant d’avoir assez de force pour arracher le bras des adversaires. Par la suite, il faisait le tour du stade dans une cage tirée par un pick-up, pour chauffer les 92800 fans du stade !

Un site lui est d’ailleurs consacre (http://www.mikethetiger.com) et vous pouviez même regarder sa cage en live grâce a une webcam, ou faire un don pour avoir votre propre brique gravée de l’inscription de votre choix (100$ la petite brique , 500$ la grosse brique, 5000$ la plaque en bronze, infos données a la demande de Jean Pierre Pernaud, mais vérifiables sur le site internet ci-dessus).

Mike VI devrait arriver pour le début de la saison de football à la LSU, pour la plus grande joie des supporters et le moral des joueurs qui se sentent un peu mous sans Mike derrière eux !!!

Et puis en parlant de bete féroce et dangereuse, nous avons une petite pensée pour notre hamster Eddy a qui nous n'avons pas pu faire traverser l'Alantique et qui nous manquera beaucoup (surtout moi !).  Mike n'aurait pas fait le poids !

Geaux Tigers !

P.S. : ces photos proviennent du site de la LSU.

 

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