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Qui sommes nous?

Stan, 30 ans chercheur en biologie marine et Anne-So, 30 ans aussi, prof des écoles.

Nous sommes installes depuis 1 an et demi en Louisiane.

Sur ce blog, vous pourrez suivre nos péripéties  : la preparation du voyage, notre installation et notre vie quotidienne aux pays du Zydeco.

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Mercredi 3 octobre 2007

Les Etats-Unis sont le pays des super-héros.  En France, ils sont surtout connus par des films comme Spiderman, X-Men, Hulk ou Daredevil.  Mais ces films sont basés sur des comics ou comic books.  Grand fan de BD et de comics, je suis au paradis de ces super-héros qui sauvent New-York et le monde des super-vilains toutes les semaines.  Je me glisse donc presque tous les soirs dans le costume de Red Richard des Fantastic Four ou dans l’armure de Tony Stark (Iron Man) pour vivre quelques sensations fortes. 

Les comics font partie intégrante de la culture américaine et une exposition récente d’un grand collectionneur à la LSU nous montrait comment l’évolution de la société US se retrouve dans les personnages et leurs aventures.  De la guerre froide à la lutte contre le grand banditisme, les comics prennent position à travers leurs héros.  Je viens d’en lire un, par exemple, qui se passe au Darfour et  raconte, ce qui s’y passe et les enjeux, sur la base d’un conflit en 2 super-héros.

Il est curieux de voir que les BD en France utilisent tous les personnages et genres possibles pour raconter les histoires.  Aux US, sorti du genre super-héros et super-pouvoirs, il y a un choix très limité et les comics qui raconteraient autre chose qu’une histoire de super-héros sont plutôt rares.  Autre différence, c’est plutôt le format BD avec une couverture rigide et un grand format (ca. 23 x  32 cm) qui a été choisi en France alors que le format comics est plus petit (ca. 16 x 26 cm), à couverture souple et en papier non glacé. Selon la série et le super-héros que vous suivez, les numéros paraissent à fréquence régulière (tous les 15 jours à tous les 2 mois), un peu comme une revue que vous achetez en kiosque.  En général, une histoire complète compte 5 ou 6 numéros que l’on retrouvera ensuite quelques semaines après reliés en seul volume sur papier glacé (appelé un « paperback »), qui aura été épuré de toutes les pubs - environ 1 page sur 2 - que l’on trouve dans les numéros individuels. 

En France, les comics sont présents dans les magasins spécialisés mais très peu en VO.  Panini a par exemple racheté les droits pour Marvel. Les numéros français sortent, avec plusieurs mois de décalage (le temps de traduction je présume), dans un format identique mais avec 2 numéros US associés dans le même numéro français, des pages de pubs bien épurées, et une couverture en carton souple.  Un cauchemar pour les personnes comme moi qui tentent de s’y retrouver dans les dizaines d’histoires du moment et les différentes séries pour un même personnage, alors que les numéros français et US n’offrent aucune cohérence.  Donc j’avoue opter le plus souvent pour la solution du « paperback » qui me permet de dévorer les histoires du début à la fin.  Seul inconvénient, je n’ai pas les numéros avec les couvertures si fabuleuses que les collectionneurs – et j’en connais un acharné avec qui je travaille – s’arrachent, sur la base de cotations ultra-précises et évaluées par des organismes professionnels. 

Moi, je n’en suis pas là, je choisis mes comics surtout pour la qualité de leur graphisme.  Je vais avec plaisir régulièrement dans un magasin qui s’appelle School of Comics ou je passe des heures à choisir avec qui je sauverais le monde de la gangrène des super-vilains la prochaine fois. Je suis avant tout un fan de Marvel (la maison des héros cités plus haut – voir photo) et j’ai tendance à délaisser les héros de la maison DC (Superman, Batman, Green Lantern etc…), dont les histoires sont plus « pour les enfants » et plus caricaturales.  Mais vous, quel super-héros êtes-vous ?

Dimanche 30 septembre 2007

Derrière chez nous y’a un lac.  Y’a aussi un terrain de foot, entendez de football américain bien sur.  C’est le stade des « Mighty Panthers » de McKinkey High School.  Mais en ce début de saison de football, c’est aussi un lieu bourdonnant d’activités tous les weekends.  En effet, alors que ce terrain est d’ordinaire peu utilisé, pour les entrainements et les matchs des Mighty Panthers, nous sommes réveillés le samedi matin par des cornes de brumes et des cris d’enfants … des tournois de tout jeunes joueurs ont lieu en cette période de l’année sur ce stade.  En fait, ce sont des tournois organisés par l’association « Louisiana Youth Football » qui s’est donné pour mission de faire faire du sport aux jeunes et d’utiliser les stades de différentes villes à cet effet, pour promouvoir les valeurs du sport « Responsibility; Goal Setting; Sportsmanship; Self Control; Smart Decisions; Teamwork; Leadership; Perseverance ».

Allez-voir leur site www.scotlandvillesportsacademy.com/LYFAboutUs.html.

Cinq ou six équipes s’affrontent dans des matchs d’une petite heure sous forme de tournois.  Le spectacle, que nous regardons avec amusement après les avoir maudit quelques minutes, vaut vraiment le coup d’œil.  Les enfants, entre 6 et 13 ans, sont affublés du même équipement que celui de leurs idoles qu’ils représentent fièrement.  Par exemple, ce matin les « Saints » de la Nouvelle Orléans étaient à Bâton Rouge !  Même si leurs équipements sont, j’imagine, taille junior, c’est particulièrement drôle de voir des enfants porter cet accoutrement.  Ils ont l’air d’être tout simplement déguisés avec des casques trop grands, des épaulières qui triplent leur largeur d’épaule et des T-shirt trop longs !  Ils sont tout choupinets !  Et c’est tout comme les grands : la trentaine de joueurs est encadrée par au moins 3 adultes, avec tout l’équipement du parfait professionnel, les glacières de boissons Gatorade et les cheerleaders, pas plus grandes et tout aussi concentrées que les joueurs qu’elles supportent.  De futurs pros à n’en pas douter.  Les petits, plus « athlétiques » jouent les quaterbacks ou les runnerbacks – ceux qui courent vite –et les plus « enveloppés » jouent la première ligne de défense, les blockers, ceux qu’on a du mal à pousser !  Tout le monde trouve sa place dans ce jeu !

Mercredi 26 septembre 2007

L’état américain intervient très peu dans le financement et l’organisation des écoles publiques. Une très grande autonomie est donc laissée à chaque état dans la gestion de l’éducation.

L’état de Louisiane est lui-même divisé en paroisses, un peu l’équivalent de nos académies, et chaque paroisse a son propre « Schoolboard » qui régit lui aussi à son niveau la vie des écoles sous sa direction. Cela va du salaire des enseignants au choix des outils à utiliser en classe. Les salaires peuvent varier d’une paroisse à l’autre ainsi que les emplois du temps des élèves, les dates des vacances...

Mais les schoolboards ne payent pas tout ! Les écoles doivent se débrouiller pour amasser de l’argent afin de s’accorder quelques extras : matériel pédagogique, outils informatiques, heures de remplacements pour nous permettre de partir en formation, livres etc…

Je vais essayer de vous lister tous les moyens mis en œuvre dans mon école pour récolter des fonds. Libre a vous si vous en avez expérimenté d’autres de les ajouter en commentaires.

1-Le plus « classique » et le plus direct ce sont les « supply fees », c'est-à-dire les 20 dollars que nous demandons à chaque famille en début d’année. C’est un peu ce qui constitue le budget de classe. Je me retrouve avec environ 300 dollars a dépenser comme bon me semble pour acheter de la peinture, des décos, des feutres ou des bonbons pour mes élèves (sachant que les familles fournissent elles-mêmes crayons a papiers, colle, gomme et crayolas en début d’année et ce en quantité astronomique).

2-Le plus « comme dans les films » et le plus explicite c’est le fundraising. Les élèves reçoivent un catalogue d’objets divers et ils doivent recueillir des promesses d’achat auprès de leurs proches. Plus ils vendront de produits plus ils seront récompensés. Mes petites élèves sont des pros en la matière, l’un d’eux a récemment vendus pour 500 dollars de cartes de noël et de pate a cookie…Je n’ai pas encore compris quelle part du butin revient a l’école…mais vu l’énergie mise par toute l’équipe et par l’association de parents d’élèves ce doit être assez conséquent.

3-Le plus « écolo », est celui qui consiste à recycler cartouches d’encres et téléphones portables en échange de quelques dollars.

4-Le plus « consommons intelligent »  c’est la course au coupons spéciaux sur les boites d’aliments : les coupons Community Coffee, et les « Box Top for Education » sont les plus connus.

 

 

5-Le plus « have fun » c’est la kermesse de l’automne, je ne vous détaille pas, c’est comme chez nous.

6-Le plus « littéraire » c’est la foire au livre, ou comment vendre a prix d’or des livres aux élèves pour amasser le bénéfice et en retour acheter de nouveaux livres pour la bibliothèque.

7-Le plus « c’est pas pour rien qu’il ya beaucoup d’enfants obeses aux USA », c’est coup des « snacks ». Tous les vendredis les élèvespeuvent apporter 1 ou 2 dollars et acheter chips, cookies et sodas avant la récré (c’est super de se gaver de chips et d’enrober le tout dans les bulles du coca…juste avant de faire le cochon pendu…) Et ca marche ! La file d’enfants désirant acheter ces fameux snacks s’allonge chaque semaine…Le pire c’est que j’ai craqué, un jour je les ai menacés de ne pas aller acheter leur ration de calories inutiles s’ils n’étaient pas sages…On n’a pas retiré des écoles les distributeurs de cochonneries en France ?

8-Le plus « comment transformer votre enfant en encart publicitaire » : Pour finir, et j’en oublie surement, il y a les « nuits » South Boulevard dans les différents restaus du coin. Pizza Hut et Cie sponsorisent l’école lui en offrant 10% des commandes passées par les enfants le 1er mercredi du mois…après leur avoir offert un sticker a leur logo pour bien rappeler aux parents qu’ils doivent commander !

Certains de ces événements de la vie de notre école sont assez anodins d’autre plutôt choquants pour notre regard européen, il est cependant difficile de juger car la comparaison avec la France est impossible vue le mode de financement des écoles chez nous. Juste pour info, grâce a toutes ces actions et aux sommes allouées grâce a notre statut de « Magnet School », nous avons 3 ordis par classe, une salle informatique avec un ELMO, 2 vidéoprojecteurs, un système de vidéoconférence, 1 ordi portable, 2 appareils photos numériques, 1 camera digitale mais………pas assez de chaises dans notre salle des maitres !

Lundi 24 septembre 2007

Si vous croyez cela, vous n’avez jamais mis le pied dans une fourmilière de fourmis rouges ou fourmis de feu comme on les appelle ici.

A votre arrivée en Louisiane, vous proposez à vos élèves de jouer au « facteur » sur l’herbe dans la cour de récré. Une de vos petites vous accroche le bras et se plaint de ne pas vouloir s’asseoir a cause des fourmis. « Espèce de chochotte, », pensez vous en lui disant de s’asseoir comme tout le monde.

Quelques semaines plus tard, un de vos collègues du Codofil met le pied dans une fourmilière car il a la bonne idée de marcher pieds-nus dans un champ détrempé…Son cri de douleur vous interpelle mais malgré votre empathie certaine, vous ne comprenez toujours pas.

Mais votre chance va tourner : chaussée de tongs toutes neuves, vous avez un jour l’idée saugrenue de descendre de voiture en mettant les pieds dans l’herbe. « Tiens ! Qu’est ce qui m’a piqué ? » pensez-vous en ressentant comme un pincement près de votre gros orteil droit…Vous scrutez la pelouse et vous apercevez des milliers de fourmis toutes petites qui grouillent devant vous. Bon, vous n’êtes pas une chochotte comme ces petites américaines et vous pensez que ca va gratter quelques heures et que ca passera…

La nuit venue, une sensation atroce de démangeaison vous tire du sommeil. Votre pied brule ! Au risque de réveiller votre cher et tendre qui dort tranquillement a coté (le bienheureux), vous allumez la lumière pour constater que votre pied droit a triplé de volume ! Une double entorse ?  Non, vous êtes tellement peu sportive au moment des faits vous n’auriez jamais eu l’occasion de vous faire ce genre de blessure ! Vos pensées embrumées se remettent en ordre et vous vous rappelez cet insecte grouillant croisé quelques heures plus tôt ! Ahrgh !!! C’était donc ca !

Au réveil vous pouvez à peine poser le pied par terre, une trace de morsure est apparue juste la ou vous aviez ressenti le pincement apparemment anodin…La grosseur de votre pied fait halluciner vos collègues, vous ne pouvez plus mettre de chaussures fermées…

 

Apres 15 jours de démangeaisons récurrentes, votre pied dégonfle enfin et la trace de morsure disparaît. Vous cauchemardez a l’idée que plusieurs fourmis auraient pu vous piquer en même temps…

Depuis cette rencontre malheureuse, cela vous est arrivé encore 3 fois (il vous a fallu du temps pour comprendre que surveiller la récré en tongs c’était une idée débile…) et vous n’avez plus jamais proposé à vos élèves de jouer au facteur dans l’herbe…

Samedi 22 septembre 2007

Comme en France, les jeux vidéos, les livres et les films sont « vus et validés » par une commission qui décide de les classer pour un public.  Par exemple, avant chaque film ou chaque bande annonce, un message vous annonce dans quelle catégorie se trouve le film ou la bande annonce qui s’apprête à passer:

-rated E (pour Everybody) = évalué pour tout le monde, pas tellement différent, voire identique au rated G (pour General Audience)

-puis vient le rated PG (pour Parental Guidance = sous l’autorité/supervision des parents) avec ventuellement un chiffre (par exemple PG-13) indiquant l’âge en dessous duquel la supervision des parents est fortement conseillée

-rated R (pour Restricted) indiquant qu’un enfant de moins de 17 ans doit être accompagné obligatoirement

-enfin rated NC-17 indique que les personnes de moins de 17 ans ne sont même pas admises dans la salle

Ce système n’est pas une loi mais une aide pour les parents.  Mais quid de son utilisation par les parents ?  Ce qui nous a frappé avec Anne-Sophie lors de nos sorties cinémastiques, ce ne sont pas les tailles XXXXL des paquets de pop-corn, la mise à disposition d’une fontaine de beurre chaud pour les engluer alors qu’ils sont  déjà luisants d’huile, ou le nombre de personnes mangeant des nachos trempés dans du cheddar fondu pendant le film, mais le fait que quand une famille se déplace au cinéma, elle se déplace le plus souvent toute entière.  Le fils de 15 ans venu voir « Spiderman » avec sa mère, et son père sera accompagné de sa petite sœur de 10 ans, de son petit frère de 8 ans et du petit dernier de 3 ans.  Si le premier regardera effectivement le film, les deux du milieu passeront leur temps à courir dans les allées ou à discuter avec les parents, et le petit dernier à pleurer jusqu’à ce qu’il s’endorme.  Pourquoi toute la famille ?  Vaste question.  C’est une sortie familiale donc tout le monde ensemble ?  C’est moins cher et plus facile que de prendre une baby-sitter ?  C’est dans la culture américaine tout simplement ? 

Le paradoxe est que des enfants de 5 ans qui vivent en Louisiane, état de la Bible Belt (la ceinture biblique, expression qui regroupe les états du sud-est américain très croyants et pratiquants) n’hésitent pas à dire à leur maitresse  – et Anne-Sophie en témoignera – que le dessin du petit garçon tout nu (schématisé) dans le petit Larousse de la classe est « innapropriate » (=déplacé) mais que ces mêmes enfants auront passé leur samedi soir à regarder des personnes se tirer dessus et des têtes se faire décapiter, malgré le conseil donné au parents.  Du coup, des sites internet fleurissent ou les parents peuvent donner leur propre évaluation du film (par exemple www.commonsensemedia.org) et où le site lui-même propose une évaluation du film très détaillée.  Pour aller encore plus loin, des sites (par exemple www.screenit.com) proposent aux parents de payer – l’équivalent d’une place de cinéma peu ou prou – pour avoir un détail complet de ce qui se passe au cours du film, pour savoir à quel moment mettre les mains sur les yeux ou sur les oreilles de leurs enfants (véridique).  L’argument commercial de ce site étant bien sur de préserver au mieux ces cher petites têtes blondes.  Pour un film comme « The bridge to Terabithia », une histoire fantastique d’un petit garçon qui s’invente un monde imaginaire,  en cliquant sur la rubrique « attitudes mauvaises ou irrespectueuses », nous saurons que (je traduis) « Janice lance une tranche de pain avec du beurre de cacahouète dessus à Jess et que la tranche se colle à sa chemise » ou que (je traduis toujours) « Jess et Leslie écrivent une fausse lettre d’amour d’un garçon pour Janice et que quand Janice s’approche du garçon plus tard dans le film, il lui dit séchement « dans tes rêves » et les autres enfants se moquent d’elle » …

Deux comportement extrêmes donc des parents qui soit, ne prêtent que peu (pas) d’attention aux « ratings » soient sont demandeurs de ces évaluations.  Pour finir par une anecdote, une collègue d’Anne-Sophie n’hésite pas à amener son fils de 7 ans voir Sipderman (PG-13 pourtant) et lui « cache les yeux ou lui bouche les oreilles quand il faut » et se trouve donc bien aidée par ce genre de site internet ! 

Mercredi 19 septembre 2007

En discutant avec mes collègues du Codofil, nous avons constaté que les motivations de nos parents d’élèves à inscrire leurs enfants dans un programme de français étaient fort variées. A Bâton Rouge, ce choix des parents vient moins d’un attachement au français lui-même (lié à l’histoire familiale, à la présence de grand-parents parlant cajun ou créole par exemple) que d’un souhait d’inscrire leur enfant dans une bonne école. Pour tout vous dire, dans ma classe cette année, 2 élèves seulement ont des origines cajuns.

J’ai voulu creuser un peu et comprendre pourquoi notre école était tant demandée par les parents et pourquoi des gens en apparence sans aucun lien avec la langue française, faisaient des pieds et des mains pour inscrire leur enfant à South Boulevard.

Commençons d’abord par un aperçu des écoles de Bâton Rouge : en un mot, c’est la zone. Tout parent un peu renseigné fera tout pour éviter à son enfant d’avoir à suivre des cours dans certains collèges et lycées de la ville. Mais la carte scolaire existe aux Etats-Unis aussi. Si le lycée du quartier est une sorte d’Alcatraz, ou les élèves ne rentrent qu’après avoir passé le détecteur de métaux, et ou la police intervient 2 fois par semaine, on comprend que certains parents, dès l’entrée en maternelle de leur enfant feront tout pour la contourner.

Il y a des moyens légaux et proposés par le schoolboard de faire suivre à son enfant une scolarité plus sereine (même si comme  je vous l’expliquerais plus loin, ce n’est plus la peur de la bagarre qui guidera l’enfant mais la peur des mauvaises notes).

Ici, à Bâton Rouge, comme dans plusieurs villes des Etats-Unis, ont été créées des  « Magnet Schools », ou « Ecoles Aimant ». Ce sont des écoles qui proposent un programme spécial et recrutent donc des élèves attirés par le contenu des cours (le curriculum comme on dit ici). Il y a 6 écoles primaires, 3 collèges et 4 lycées proposant des programmes spéciaux allant du théâtre aux sciences en passant par les langues étrangères. Ce sont des écoles publiques, gratuites, qui acceptent les enfants sur application. Les parents doivent candidater, leurs enfants sont testés et s’ils passent l’épreuve, sont acceptés dans le programme pour a priori y rester jusqu'à la fin de leur scolarité. Les listes d’attente sont longues, les parents postulent dans plusieurs écoles dès les 5 ans de leur enfant. En effet, l’âge idéal pour postuler est celui de l’entrée en kindergarten, ces écoles acceptant rarement les enfants après le premier grade ou alors sur présentation d’un livret de notes en béton !

Et oui, pour pouvoir rester dans une école Magnet, les élèves doivent maintenir, toutes matières confondues, une moyenne élevée stipulée dans un contrat signé par les familles. Ceux qui ne se maintiennent pas au niveau sont invités à retourner dans l’école de leur quartier ou a se diriger vers le privé ou les couts de la scolarité peuvent être exorbitants.

En tant qu’enseignante, enseigner dans ce type d’école est un privilège : mes élèves sont très cultivés, beaucoup sont déjà lecteurs, les éventuels problèmes de discipline sont très vite résolus avec l’aide des parents qui ne veulent pas voir leur enfant exclu du programme. J’ai 23 élèves, en France je n’aurais jamais ce « confort » d’enseigner a une classe homogène avec si peu d’effectif et des parents investis. Cependant, imaginer la pression sur les épaules des petits et déjà déceler ceux de mes élèves qui ne resteront pas jusqu’au bout du programme me fait de la peine. A l’heure ou l’on parle de sélection a l’entrée en fac en France, ici cela se passe beaucoup plus tôt.

Je finirais cet article sur le point de vue d’une des mamans de l’école sur la particularité des Magnet en Louisiane.

Ici dans le sud des Etats-Unis, les Magnet Programs ont été créés dans des quartiers peu attractifs, souvent des quartiers pauvres et a majorité noire, afin d’y attirer des élèves blancs. Il y a donc en plus de la sélection classique, un système de quota qui rentre en jeu, pour maintenir un équilibre entre les populations noires et blanches des écoles. C’est ce qui est appelé ici la déségrégation. Cette maman est assez jeune mais est encore fascinée de voir les enfants noirs et blancs jouer ensemble dans la cour de recréation alors que cela était impensable quand elle-même était enfant et que cela n’arrive pas dans d’autres écoles classiques de la ville. Elle pense que pour l’instant ce mélange entre les populations ne continue pas en dehors de l’école mais que c’est de toute évidence une étape dans un processus de longue haleine. 

Je rajoute a cet article une petite video de l'interview de notre "lead teacher" sur une chaine locale, tres tot hier matin.

 

Lundi 17 septembre 2007

Devant l’insistance générale d’Anne-Sophie toute seule (non, c’est pas vrai hein), je me devais d’en dire un peu plus sur mon métier.  Ceux qui suivent nos aventures en Louisiane savent que je suis chercheur, mais ce que je fais précisément, peu le savent.  Il est vrai que dans la catégorie des boulots « qui ne servent à rien à part dépenser l’argent du contribuable », le métier de chercheur arrive en bonne position dans l’esprit des gens.  « Anne-Sophie, elle, au moins, elle sert à quelque chose » se disent d’ailleurs ces mêmes personnes. Alors en voilà un peu plus sur mon métier, ici en Louisiane.

Je suis chercheur en Océanographie (vaste domaine) et plus particulièrement spécialiste des peuplements benthiques. Quesako ? J’étudie essentiellement les animaux qui vivent dans le sable ou la vase des mers ou des estuaires, ou sur les estrans rocheux.  J’identifie quelles espèces sont présentes et je regarde surtout qui vit avec qui et qui mange qui.  Pour être plus précis, je travaille actuellement sur un programme qui est financé par la branche du gouvernement américain qui s’occupe de l’exploitation des sols.  Au large de la Louisiane, dans le golfe du Mexique, se trouvent des bancs de sable (les shoals) que le gouvernement voudrait aspirer pour les remettre en partie sur la cote, en espérant la protéger de l’érosion croissante et de l’action des ouragans, très dommageable pour les cotes de Louisiane.  Oui mais voilà, on ne sait pas quelles espèces vivent sur ces bancs de sable et une loi oblige à faire une étude de l’impact qu’aurait un prélèvement massif de sable – on parle de milliards de mètres cubes de sable – sur les animaux qui vivent sur ces bancs de sable.  Après plusieurs missions en mer sur les sites en question pendant lesquelles on utilise des bennes métalliques que l’on fait plonger pour remonter du sable, je sépare, je compte et j’identifie toutes les espèces que l’on trouve dans ces sables.  L’objectif est de savoir si la biodiversité de ce milieu est forte (biodiversité … un mot que Nicolas Hulot sait manier à la perfection) et surtout de savoir si les espèces ou les associations d’espèces sont rares et sont potentiellement menacées par un prélèvement à grande échelle.  En effet, un prélèvement aurait pour but de diminuer la hauteur du banc – donc de changer toute la topographie du milieu – et de transporter à la cote des organismes qui inévitablement ne survivraient pas.  Il faut donc comprendre finalement le ou les rôle(s) de ces bancs dans l’écosystème.  Ces bancs jouent un rôle d’habitat pour des espèces qui viennent s’y protéger des prédateurs ou qui viennent y trouver plus d’oxygène que dans les environs très vaseux et beaucoup plus pauvres en oxygène.  Ces bancs jouent aussi un rôle de cantine pour certaines espèces comme le crabe bleu de Louisiane qui y trouve des coquillages et des vers en profusion.  Enfin ces bancs jouent un rôle dans la reproduction d’espèces qui viennent y pondre  ou dont les jeunes viennent s’y fixer.  Bref, je cherche à comprendre comment tout ce petit monde s’organise, et comment la chaine alimentaire fonctionne pour déterminer les conséquences d’un changement dans ces rouages biologiques.  Bien sur, je travaille avec des collègues qui ont d’autres spécialités, comme des physiciens qui modélisent l’action des vagues sur la coté et le rôle de ces bancs sur l’action des vagues, ou des collègues qui travaillent sur les microalgues et qui regardent si ces bancs, peu profond et qui ont donc plus de lumière, ne sont pas une zone ou les algues ne poussent pas mieux … Et puis il y a les étudiants, qui participent à cet effort de recherche et qui apprennent comment « chercher » et les « student-worker », des étudiants qui viennent faire un stage ou tout simplement préfèrent gagner de l’argent en triant des échantillons de bestioles plutôt que de cuire des ailes de poulet dans le restaurant du coin.

J’ai l’habitude de dire que « je suis chercheur, pas trouveur », à la question « Mais, est-ce que tu trouves ? ».  Schématiquement, le métier de chercheur, c’est apporter des réponses à une question que l’on s’est posée au départ et en soulever d’autres.  Puis il faut trouver de l’argent pour répondre à ces nouvelles questions.  L’argent est bien sur plus facile à trouver quand il y a des implications industrielles – et donc de l’argent à gagner –  mais les implications écologiques commencent elles aussi à montrer que le cout pour l’humanité sera financièrement très élevé si l’on ne comprend pas tout le fonctionnement des écosystèmes que l’on s’acharne à exploiter.  Le golfe du Mexique est à ce titre un formidable terrain de jeu et j’essaye de contribuer, à ma manière, à la lutte contre l’exploitation des milieux par l’homme et son impact sur l’environnement.

Voilà, j’espère vous avoir éclairé un peu sur ce que je fais ici en Louisiane, et ce que je fais en général.  Même si je passe beaucoup de temps sur un microscope et que je ne compte pas mes heures, je pense qu’on est loin du formidable sketch des Nuls que je ne résiste pas à vous remettre, histoire de rire encore de ces faignants qui « coutent chers et qui produisent rien » ! 

 

Lundi 3 septembre 2007

Voici bientôt un mois que  j’ai repris les chemins de l’école, retrouvant ma classe colorée (http://louisianastory.over-blog.com/article-3650228.html) remplie cette année de 23 « kindergarteners » avides d’apprendre.

Si vous arrivez cette année, que vous venez de démarrer avec le Codofil et que vous êtes sur les rotules, que vous hésitez à repartir par le 1er avion…rassurez-vous. J’étais dans le même état l’an dernier a la même période…Je me souviens des soirées raccourcies pour cause d’endormissement prématuré, des siestes obligatoires a la sortie de l’école (non, pas a 15h30 comme le prétend Stanislas, mais plutôt vers 18h au début…), de mon corps qui ne tenait plus l’alcool, de mon cerveau qui ne pouvait plus réfléchir…

Et bien cette année…je me dis que ca valait le coup de revenir car tout est beaucoup plus simple ! Mes fiches de prep sont prêtes (il n’y a plus qu’a changer la date), ma classe était hyper bien rangée depuis fin mai alors je retrouve tout d’un seul coup, je suis sure de la discipline que je veux faire régner dans ma classe, je n’ai plus de doute sur le fait que mes élèves comprennent ce que je leur dit, et je quitte l’école a…15h45 (bon la, ca donne raison a Stanislas)…bref jusqu’ici tout va bien.

Alors si vous avez le moral dans les chaussettes, que vos cernes vous arrivent au milieu des joues, reposez vous bien en ce lundi férié, comptez les semaines jusqu'aux prochaines vacances (11 tout de meme) et pensez que l’an prochain tout sera plus facile !

Vendredi 31 août 2007

La saison de football (américain hein … pas le soccer européen) est sur le point de commencer, pour le championnat professionnel comme pour le championnat universitaire.  Le stade de la LSU commence d’ailleurs à bouillir et souffle un peu depuis que Mike VI a investi la cage du campus, redonnant du mordant à tous ceux qui désespéraient de ne pas avoir de remplaçant de feu Mike V pour le début de la saison.  Les commentaires vont bon train et il ne se passe pas une semaine sans que les journaux locaux ne fassent des pronostics sur les chances de victoire de la LSU – toujours bien placée dans le championnat – et commentent le tirage au sort des équipes qu’elle devra affronter.

Comme vous le savez si vous nous suivez depuis le début, la LSU a ses fans qui se retrouvent avant chaque match pour un barbecue et une Bud Light (ou plusieurs …) à l’arrière de leur pickup ou de leur camping car pour les plus fortunés.  C’est le tailgating.  Pour tous ces fans impatients de voir la saison reprendre, la LSU a organisé, comme tous les ans, un « fan day ». 

Pendant un après-midi, le stade ouvre ses portes au public.  Les fans, arrivés pour certains tôt le matin, peuvent donc partir à la chasse aux autographes et voir les joueurs et les coachs.  Nous nous sommes glissés dans la foule aux abords du stade pour rentrer dans la peau de vrais Tigers.  Nous avons donc patiemment attendu presque 2 heures sous un soleil de plomb pour rentrer dans la « Death Valley » (nom donné au stade de la LSU, ou les supporters – et les étudiants en particulier – sont réputés pour faire tellement de bruit quand les adversaires attaquent que le quaterback de l’équipe adverse ne peut pas se faire entendre et communiquer les schémas tactiques à ses partenaires).  Nous avons donc foulé la pelouse du stade de 92 000 placeas – plus grand que le stade de France à Paris par exemple – et même pu avoir un autographe du quaterback Matt Flyn que tout le monde dit prometteur, même si celui de la saison dernière, désormais dans le championnat professionnel après avoir fait des miracles, sera regretté.

L’organisation est, comme toujours aux USA, impeccable.  Tout autour de la pelouse, les joueurs sont dans des stands en fonction de leur position sur le terrain et les fans font la queue en face du panneau pour aller voir leurs joueurs favoris.  Plus vous arrivez tôt, plus vous avez de chance d’avoir plusieurs autographes.  Les vrais fans ont tous acheté un ballon de foot LSU ou une reproduction d’un casque de joueur pour recueillir les signatures, ce qui est certes beaucoup plus sympa que de les faire signer sur le calendrier de la saison.  Nous en avons aussi profité – d’accord… j’en ai profité – pour aller voir les nouvelles cheerleaders, vous savez, celles qui font la pyramide en levant les gambettes sur les bords du stade. A ne pas confondre avec les dancing-girls, beaucoup plus âgées … et plus dénudées … et qui se trémoussent en cœur sur les airs de la fanfare.

Bref, une saison qui démarre avec peut être en ligne de mire un titre de champion.  De beaux barbecues en perspective quoiqu’il en soit !

 

Vendredi 17 août 2007

Devinez qui était en séjour a Bâton Rouge le week end dernier…Non vous ne rêvez pas, c’est bien Dark Vador en personne que nous avons croisé, accompagné de ses troopers, dans les couloirs de l’office de tourisme de la ville.

Bien décidés à vivre des trucs typiquement américains, nous nous sommes rendus à une convention de science fiction, alléchés par le programme proposé : la présence de stars de séries de SF, des conférences présentées par des universitaires reconnus, une représentation du Rocky horror Picture show et une soirée organisée par le fan club d’Anne Rice dont j’ai lu tous les romans…

Croiser Dark Vador au détour d’un couloir c’est assez impressionnant, et voir déambuler cinq ou six Chanceliers Gowron, un des personnages de Star Trek, ca a un cote un peu délirant. Les stars « has been » qui signent les autographes pour 20 dollars, par contre, c’est un peu triste…Et malheureusement, le vampire Lestat ne s’est pas montré, ou alors trop tard dans la soirée et nous étions déjà rentrés.

Le propos de ces fans de SF n’est pas seulement de s’éclater en costume et de se retrouver autour d’une passion commune. Ils espèrent donner aux américains leur rendant visite, la curiosité et le gout pour la science - la vraie- qui est parfois peu ou (très) mal enseignée dans certains états des Etats-Unis. Mais ceci est un autre sujet, que nous développerons sans doute un jour.

« May the Force be with You » !

 

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